Ce matin, au réveil, un doux manteau blanc recouvrait la voiture. Un signe, j’en suis certain. Comme si le ciel avait décidé de nous tomber gentiment sur la tête pour annoncer une solide journée de glisse. Le genre de journée où tu sais d’avance que tes cuisses vont brûler… mais que tu vas aimer ça.

En compagnie d’un ami planchiste — oui, un de ces êtres étranges qui préfèrent avoir les deux pieds attachés ensemble — nous prenons la route vers le Mont Édouard. Mon cher « Édou », que je n’avais pas visité depuis deux ans. Quelle montagne. Le sixième plus haut dénivelé du Québec, rien de moins. Des pistes et des sous-bois qui feraient rêver même les skieurs blasés.

À peine arrivés, on savait que la journée serait remplie de « Wou-Hou d’Amériques ». Ceux qu’on entend au loin… mais surtout les nôtres, bien audibles, résonnant partout dans la montagne. Les gens sourient, complices. Tout le monde comprend que quelque chose de spécial se passe. La lumière est vraiment au bout du tunnel. Le duvet, bien duveteux — comme un bon duvet se doit de l’être — nous offre une glisse digne des dieux nordiques.

Mes carres, pourtant bien affûtées, ne servent qu’à l’occasion. La mollesse de l’or blanc rend tout fluide, immaculé. On enchaîne les descentes à un rythme soutenu. Sous-bois, bosses, pistes : tout est impeccable. Le plaisir à l’état pur, sans additif ni agent de conservation.

La température, elle, joue à la loterie. Tantôt il neige à plein ciel, tantôt Galarneau nous éblouit comme s’il voulait nous rappeler qu’il existe encore. Puis un petit nordet vient nous chatouiller les joues. Un méli-mélo météo franchement délicieux.

C’était aussi ma première visite depuis l’incendie du chalet à la fin de la saison 2024. Un pincement au cœur, forcément. Mais je dois avouer que les installations temporaires sont étonnamment efficaces. Et les yourtes… eh bien, elles sont beaucoup plus accueillantes que ce que leur nom laisse croire. Le personnel aussi. Bref, rien à redire : c’est simplement parfait.

Encore une fois, le Mont Édouard m’a offert une journée de pur bonheur. Le ski ici, c’est différent. C’est un peu comme aller chez la famille… mais la famille qui cuisine bien, qui ne se chicane pas et qui te laisse toujours prendre le dernier morceau de dessert.





