Il y a bien des années que notre amour dure, toi et moi. Et chaque fois, il grandit. Je te visite, tu me rends heureux. C’est simple et beau à la fois. Aujourd’hui, tu m’as fait passer par toutes sortes d’émotions. Laisse‑moi t’en reparler — assis, parce que mes cuisses ont encore un peu chaud.

Tout a débuté à l’arrivée. Tu avais bien gardé ta couverture ce matin. Nuageuse et duveteuse, tu m’offrais des descentes confortables, comme si tu voulais me dire : « Relax, champion, on commence doucement. » Il faut dire que ta nouvelle remontée aide pas mal… J’ai pu t’arpenter au complet en à peine une heure! J’ai vu des files d’épicerie qui prenaient plus de temps.

À chaque fois, tu m’as envoyé Stéphane pour m’accueillir à la remontée. Ce gars‑là est en train de devenir une légende vivante. Je pense sincèrement que plusieurs lifties du Québec devraient venir prendre un stage avec lui. Drôle, poli, et surtout engagé, il gère les chaises comme un chef d’orchestre. Il savait même mon prénom à ma deuxième remontée! Bravo Stéphane, tu es simplement génial.

L’amour entre nous est aussi très lié à tes pistes. Tu as tout ce qu’il faut. Comme je le dis toujours aux amis qui ne te connaissent pas : ton offre va de la verte pâle jusqu’à la noire foncée double losanges — tu sais, celle qui fait réfléchir les skieurs : « Ai‑je vraiment payé pour souffrir? »

Encore une fois, j’ai un faible pour Les Bouleaux. Bien que tu l’aies un peu épurée en haut, elle demeure une piste incontournable. Son charme opère toujours, un peu comme une vieille chanson qu’on met trop fort dans l’auto, mais qu’on assume pareil.

Évidemment, Les Braconniers m’ont offert de belles descentes. La vitesse que j’atteins dans ce pitch est très excitante. Ça me rappelle ma première fois avec toi. Que d’émotions.

Ma seule déception — minuscule, comme une bosse mal annoncée — c’est qu’aujourd’hui, tu avais réservé la Pétoche pour les compétiteurs U16 de la région. Je ne t’en veux pas, mais la prochaine fois que je te visite, s’il te plaît, laisse‑moi la carver à souhait. Elle est tellement invitante que je me suis senti rejeté… mais poliment.

Encore une fois, ma visite m’a permis de confirmer tout l’amour que j’ai pour toi. Je t’aime, ma Grand‑Fonds. À la prochaine… et promis, je m’étirerai avant de te revoir. On vieillit tous les deux, mais toi, tu vieillis mieux.




